En 2026, les solutions d'analytique Web ont dû s’adapter à l’explosion du trafic issu des assistants IA et des robots logiciels (bots). Ainsi, en parallèle de la mesure et du suivi de l’audience et des conversions, les plateformes d'analytique Web doivent désormais démontrer leur capacité à distinguer un trafic humain d’un trafic généré par les agents, répondre à des exigences plus fortes en matière d’hébergement et de souveraineté de la donnée, s’adapter au recours croissant au marquage côté serveur (server-side tagging), ou encore assurer une bonne interopérabilité avec le reste de vos outils marketing. Tout cela en continuant de respecter le consentement de l’utilisateur, levier principal qui vient influer directement les volumes observables et la qualité de la donnée.
Dans ce comparatif “Top 6 des solutions d'analytique Web en 2026”, nous revenons d’abord sur les critères qui permettent de choisir la solution d'analytique Web la plus adaptée à votre besoin. Puis nous analyserons Google Analytics (GA4), qui reste la référence la plus adoptée du marché, avant de présenter cinq alternatives : Piano Analytics, Eulerian, Matomo, Amplitude et Piwik PRO. Enfin, nous terminons par le rôle du consentement et de la CMP dans la qualité et les volumes de mesure effectivement exploitables.
Comment choisir une solution d'analytique Web en 2026
Les grilles de comparaison classiques départagent mal les plateformes aujourd'hui, car elles offrent toute une bonne complétude des tableaux de bord. L’évaluation repose davantage sur la capacité des outils à opérer une analyse claire dans un environnement instable. L’émergence des agents IA, la réduction du trafic sur les sites des marques, les régulations nécessitant parfois un consentement selon les données que l’on souhaite analyser, tous ces facteurs entrent désormais en ligne de compte pour choisir la solution analytique Web la plus adaptée à votre usage.
Cinq critères structurent donc le choix d’une solution d'analytique Web en 2026 : la capacité à isoler le trafic utile, le comportement de l'outil en cas de refus de consentement, le niveau de contrôle sur l'hébergement, l'articulation avec un data warehouse ou des usages d'activation, et la charge d'exploitation pour les équipes.
Précision de la collecte
La fiabilité de la collecte reste la priorité n°1. Il faut regarder comment l'outil traite les pertes de signal liées au navigateur, aux bloqueurs, aux restrictions sur les témoins (cookies), et désormais au trafic issu des assistants IA.
Ce dernier point a d’ailleurs beaucoup été documenté par les principaux leaders du marché. Matomo a introduit le suivi des assistants IA dans sa version 5.5.0, puis a ajouté un rapport dédié aux robots de discussion (chatbots) IA avec Matomo 5.8.0, publiée le 4 mars 2026. L'éditeur distingue deux catégories dans ses rapports : les agents et chatbots qui consultent les pages pour produire une réponse, et les visiteurs humains arrivant via un lien cité dans une interface conversationnelle, traités comme un canal d'acquisition à part entière. Son communiqué de mars 2026 explique que l'absence de visibilité sur ce trafic dégrade la fiabilité des données et leur caractère actionnable, avec un effet direct sur l'attribution marketing et le reporting des conversions.
Les visites générées par des agents ont des caractéristiques statistiques propres (souvent une page unique, un temps de consultation atypique, pas de parcours), ce qui déforme mécaniquement le taux de rebond, le temps passé et les taux de conversion dès lors qu'elles se mélangent au trafic organique. L'indicateur à suivre devient donc naturellement le volume de sessions humaines plutôt que le volume total de sessions.
La précision dépend aussi de l'architecture de collecte. La documentation Google suggère le marquage côté serveur (server-side tagging) comme une des solutions face à la disparition des données. Le projet Google tag gateway for advertisers prolonge cette logique en servant les scripts Google depuis une 'infrastructure first-party du site plutôt que depuis les domaines de Google souvent repéré par les adblockers. Cloudflare annonçait ainsi en mai 2025 un gain moyen de 11% de signaux observés chez ses premiers testeurs.

Gestion du consentement et impact sur la donnée
Le consentement agit directement sur la volumétrie des données disponibles. Face à un refus de l’utilisateur, une plateforme analytique peut adopter quatre comportements.
- Ne rien collecter. Le tag ne se déclenche pas, le visiteur est absent des rapports. C'est la configuration par défaut de la plupart des déploiements et celle du Consent Mode v2 en mode basique.
- Modéliser. Des signaux non identifiants sont transmis avant consentement et servent à estimer le comportement des non-consentants à partir de celui des consentants. C'est la voie choisie par Google pour GA4 avec le Consent Mode v2 en mode avancé, sous réserve des seuils cités plus bas. Cette modélisation est conditionnée à des seuils de volume d'événement comme expliqué dans documentation de Google.
- Collecter de façon anonyme. L'événement est enregistré sans identifiant persistant. Piwik PRO documente trois variantes selon le degré de traçabilité conservé : avec cookies et données de session, avec données de session sans cookie, et sans l'un ni l'autre. Si le visiteur consent ensuite, la session bascule vers une mesure complète.
- Collecter en mode exempté. L'outil collecte réellement, sans consentement préalable, parce que sa configuration le fait sortir du champ de l'obligation. Piano Analytics l'implémente via un plan de marquage (tracking) hybride à trois modes (optin, exempt, optout) reposant notamment sur le masquage de la propriété visitor_id. Eulerian a publié un guide de paramétrage décrivant une “collecte minimale” qui se substitue à la collecte usuelle.
|
Comportement en cas de refus |
Contrepartie analytique |
Exemples |
|
Aucune collecte |
Le trafic non consenti disparaît des rapports, y compris en volume |
Consent Mode v2 basique, configuration par défaut |
|
Modélisation |
Données non exportables au niveau événementiel, seuils de volume à atteindre, part modélisée non identifiable dans les rapports |
GA4 en Consent Mode v2 avancé |
|
Collecte anonyme |
Pas de distinction entre nouveaux et anciens visiteurs, pas de suivi inter-sessions, géolocalisation limitée au pays |
Piwik PRO |
|
Mesure exemptée de consentement |
Pas d'activation, pas de recoupement avec d'autres sources, pas de suivi multi-domaines |
Piano Analytics, Eulerian |
Le quatrième cas est le seul à reposer sur un fondement juridique, ce qui explique qu'il faille passer par le cadre de la CNIL pour comprendre ce qu'il autorise réellement.
Vous pouvez retrouver les critères décrits par la CNIL au titre de l'article 82 de la loi Informatique et Libertés directement sur cette page. L’exemption vient généralement du renoncement fonctionnel à certaines informations ou traitements. C’est la raison pour laquelle aujourd’hui, la plupart des solutions combinent deux modèles : une mesure exemptée ou anonyme pour conserver une lecture exhaustive de l'audience, et une mesure complète après consentement pour l'attribution, la personnalisation et l'activation marketing.
Hébergement en Europe
L'hébergement conditionne la gouvernance, les transferts de données, la capacité d'audit et parfois l'accessibilité en interne à la data. Ce critère pèse davantage qu'avant dans les appels d'offres des secteurs plus régulés, comme ceux des organisations publiques européennes.
Au Canada, la question se pose autrement. La Loi 25 n'interdit pas de faire sortir des renseignements personnels du Québec, comme le rappelle notamment la documentation de conformité de Google Cloud. Elle impose depuis septembre 2023 une évaluation des facteurs relatifs à la vie privée avant toute communication à l'extérieur de la province, en tenant compte du régime juridique applicable dans l'État destinataire (article 17 de la Loi sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé, article 70.1 de la Loi sur l'accès pour les organismes publics). L'organisation doit donc pouvoir écrire où résident les données et à quelles lois étrangères elles sont exposées. Un hébergement européen ne dispense pas de cet exercice, puisqu'il constitue lui aussi une communication hors Québec, mais un fournisseur capable de décrire précisément sa chaîne de traitement le simplifie nettement.

Une solution comme Matomo propose une version On-Premise auto-hébergée sur les serveurs du client, sous licence open source, avec une promesse de 100 % de propriété des données et une migration possible entre Cloud et On-Premise.
Piwik PRO permet de choisir la localisation à l'approvisionnement, entre nuage informatique (cloud) public et privé, avec des options de résidence en Europe et une infrastructure certifiée ISO 27001 et SOC 2.
Eulerian revendique une technologie créée et hébergée en France, sans tiers dans sa chaîne de valeur, et rappelle dans sa documentation de paramétrage que les données collectées restent la propriété de ses clients.
Piano Analytics traite et stocke les données en Union européenne. À noter que la société mère, Piano Software, est américaine depuis le rachat d'AT Internet en 2021, ce qui distingue son positionnement de celui des acteurs strictement européens.
Analyse web vs analyse produit vs personnalisation
La mesure d'audience répond à des questions de trafic, de contenu et de canaux.
L'analyse produit répond à des questions de comportement dans le produit : Amplitude par exemple structure ainsi sa proposition autour des tunnels de conversion, de la rétention, des cohortes comportementales et de l'analyse de parcours, avec une entrée par événement plutôt que par page vue.
Enfin, la personnalisation et l'optimisation de parcours forment une troisième famille, sur laquelle se positionne Beyable avec l'amélioration de la conversion e-commerce.
Cette distinction devient déterminante dès que l'entreprise veut relier la mesure au reste de ses outils traitant les données. Il faut donc pour choisir la solution la plus adaptée se poser la question de l’objectif : mesurer une audience, piloter un produit, arbitrer un plan média, ou personnaliser un parcours.
Facilité d’exploitation des données
La complexité d'un outil se mesure au nombre d'éléments qu'il faut maintenir autour de lui pour produire une donnée exploitable. Sur ce terrain, Piano met en avant son API de reporting et ses options d'export (Data Query, Data Flow, Data Sharing via Snowflake). Matomo permet un accès aux données brutes par API et, en On-Premise, un accès en lecture seule à la base MySQL pour alimenter un outil de BI. Piwik PRO propose des exports JSON, CSV et XML ainsi qu'une intégration BigQuery.
Pourquoi Google Analytics (GA4) reste une référence du marché
Selon W3Techs, GA4 est utilisé en août 2026 par 83,3% des sites dont l'outil de mesure d'audience est identifié, soit 47,9% de l'ensemble des sites web, ce qui en fait la solution analytique la plus adoptée à l’heure actuelle.

Les points forts de GA4
La gratuité de la version standard, d'abord, qui explique une large part de l'adoption. Un site peut mesurer son audience, ses conversions et ses canaux d'acquisition sans ligne budgétaire dédiée, ce que peu d'alternatives permettent à fonctionnalités comparables.
L'intégration à l'écosystème publicitaire de Google, ensuite. Le lien avec Google Ads, Search Console et Merchant Center reste l'argument décisif pour les équipes acquisition : l'import de conversions, la constitution d'audiences de remarketing et l'alimentation des algorithmes d'enchères fonctionnent sans travail d'intégration.
L'export BigQuery, enfin, disponible sur la version gratuite. Il donne accès aux événements bruts et ouvre la porte au croisement avec des données CRM ou logistiques. C'est probablement l'évolution la plus utile de GA4 par rapport à Universal Analytics pour les équipes data.
Le modèle événementiel, qui unifie web et applications mobiles dans un même environnement. Ce modèle est plus adapté aux parcours multi-device, même s'il impose de repenser le plan de marquage et donc des compétences dans le domaine.
Les limites de GA4
Les seuils de cardinalité. GA4 limite le nombre de lignes des tables quotidiennes utilisées par les rapports. Au-delà, les valeurs excédentaires sont regroupées sous la ligne “Other”. La documentation Google définit comme dimension à forte cardinalité toute dimension dépassant 500 valeurs uniques par jour, et indique une limite de 50 000 valeurs au-delà de laquelle un contrôle s'applique. Sur un site à fort volume de pages ou utilisant des dimensions personnalisées, une part significative du trafic peut se retrouver non attribuée.
L'échantillonnage. Les rapports d'exploration interrogent les données événementielles brutes et peuvent être échantillonnés au-delà d'un certain volume d'événements. Google ne publie pas de seuil officiel, ce qui complique le niveau de confiance dans l’analyse.
La conservation des données. Les propriétés standard conservent les données au niveau événement et utilisateur pendant 2 mois par défaut, extensibles à 14 mois dans les paramètres. Au-delà, les données expirées ne sont pas récupérables. Les comptes payants Analytics 360 permettent des durées plus longues, jusqu'à 50 mois.
Le plafond de l'export BigQuery en version standard, fixé à un million d'événements par jour pour l'export quotidien pour les comptes gratuits, et de 20 milliards pour les comptes payants Analytics 360. Un dépassement durable peut conduire Google à suspendre l'export. Par ailleurs, l'export n’est pas rétroactif : il ne capte que les données collectées après son activation.
Le Consent Mode v2, la clé pour comprendre le lien entre consentement, modélisation et exhaustivité de la donnée
Depuis mars 2024, les annonceurs diffusant auprès d'utilisateurs de l'EEE et du Royaume-Uni doivent transmettre à Google les signaux de consentement pour continuer à bénéficier des fonctionnalités de mesure et de personnalisation publicitaire. Le Consent Mode v2 a ajouté deux paramètres, ad_user_data et ad_personalization, aux deux paramètres existants analytics_storage et ad_storage.
.jpg?width=632&height=658&name=SW_COnsentMode_720x750FR%20(1).jpg)
Deux modes d'implémentation coexistent (basique et avancé), et le choix entre les deux a des conséquences directes sur les données disponibles. En mode basique, aucun tag Google ne se déclenche avant le consentement : aucune donnée n'est écrite ni transmise, et les utilisateurs qui refusent sont absents des rapports. En mode avancé, les tags se déclenchent immédiatement mais dans un état limité et sans cookie, mais transmettant des signaux non identifiants qui rendent la modélisation possible. Nous détaillons le fonctionnement de ces deux modes et leurs implications AdTech dans notre article Consent Mode v2 : un an déjà, et un nouveau paradigme pour la modélisation des audiences.
Pour les équipes, les décisions ne portent plus sur 100 % des utilisateurs, et la cohorte consentante devient la base statistique sur laquelle repose tout le reste. La qualité de l'implémentation de la CMP conditionne donc directement la qualité de la modélisation.
5 alternatives à Google Analytics
Les cinq solutions retenues, partenaires d’Axeptio, répondent à des cibles et besoins distincts. Voici une synthèse de leur positionnement avant de les analyser en détail.
|
Solution |
Note G2 |
À qui elle s'adresse |
Points clés |
|
Piano Analytics |
4,4 / 5 |
Grands comptes internationaux, médias et éditeurs de presse, secteur public |
Mode exempté (tracking hybride), mesure sans échantillonnage, socle Snowflake, accréditation ACPM, Data Query |
|
Eulerian |
4 / 5 |
Annonceurs et e-commerçants attachés à une technologie hébergée en France |
Collecte minimale sans consentement, modèle d’attribution multi-touch, collecte server-side, activation intégrée, hébergement France |
|
Matomo |
4,2 / 5 |
Secteur public, universités, santé, SI |
Mode de conformité “CNIL” intégré et auto-évaluation publiée, open source, auto-hébergement gratuit, rapports trafic IA |
|
Amplitude |
4,5 / 5 |
Éditeurs de SaaS, applications mobiles et plateformes e-commerce |
Consentement requis, product analytics événementiel, cohortes comportementales, session replay, warehouse-native |
|
Piwik PRO |
4,5 / 5 |
Santé, banque et assurance, administrations, groupes internationaux |
Collecte anonyme des non-consentants et mode “CNIL”, choix de la région d'hébergement, conformité HIPAA, suite intégrée |
Piano Analytics

Note G2 : 4,4 /5
Caractéristiques clés
- Absence d'échantillonnage et fraîcheur de la donnée. L'éditeur annonce plus de 4 trillions d'événements traités par an, jusqu'à 120 000 événements par seconde, avec un délai moyen d'une minute entre l'événement et sa disponibilité dans les rapports. Sur des sites à très fort trafic, cette caractéristique répond directement à la limite de cardinalité rencontrée plus haut avec GA4.
- Socle Snowflake et sortie de la donnée. Les données non échantillonnées sont stockées dans Snowflake, avec une option Data Sharing donnant accès à la donnée brute sans duplication, et une API de reporting v3 permettant de consulter chaque rapport depuis un outil externe (Power BI, Tableau, Looker, ETL).
- Mesure hybride et exemption. Les trois modes optin, exempt et optout permettent de conserver une lecture de l'audience quand le consentement n'est pas obtenu. L'éditeur documente la configuration à appliquer pour bénéficier de l'exemption du consentement comme décrit par la CNIL, reposant notamment sur le masquage de la propriété visitor_id dans le data model.
- Certification. Piano fait partie des plateformes accréditées par l'ACPM.
- Data Query, outil d'exploration permettant de construire des jeux de données granulaires sans écrire de code.
Pour qui : grands comptes internationaux, médias et éditeurs de presse, secteur public, organisations dont la direction juridique exige une documentation précise du périmètre de collecte.
Eulerian

Note G2 : 4 /5
Caractéristiques clés
- Analytique, attribution et activation dans un même environnement. L'attribution est le métier historique de la société : modèles single-touch et multi-touch, déduplication des conversions entre leviers, rapports de performance média en temps réel. Les audiences constituées peuvent ensuite être poussées vers les plateformes publicitaires, ce qui évite un aller-retour entre outil de mesure et outil d'activation.
- Collecte minimale en l'absence de consentement. Un guide de paramétrage décrit une collecte réduite qui se substitue à la collecte usuelle lorsque le consentement n'est pas obtenu, en désactivant certaines données et fonctionnalités réparties en quatre catégories. L'attribution et l'activation, cœur de la plateforme, restent conditionnées au consentement donc ce mode préserve la lecture de l'audience, mais pas le pilotage média.
- Collecte server-side. Cette architecture permet de contourner les bloqueurs de publicité et les restrictions des navigateurs
- Maîtrise de la chaîne et propriété de la donnée. L'éditeur revendique une technologie créée et hébergée en France, sans intervention de tiers dans sa chaîne de traitement, et une propriété des données conservée par le client.
- Certification. Eulerian fait également partie des plateformes accréditées par l'ACPM.
- Écosystème de connecteurs vers les régies et plateformes média.
Pour qui : annonceurs et e-commerçants cherchant une alternative souveraine sur l'ensemble de la chaîne mesure-attribution-activation, et pour lesquels la localisation française de la technologie et de l'hébergement constitue un critère de sélection.
Matomo
.png?width=2406&height=1382&name=Macbook-Air-matomo.org%20(1).png)
Note G2 : 4,2 /5
Caractéristiques clés
- Auto-hébergement gratuit. La version On-Premise est distribuée en open source et s'installe sur l'infrastructure du client, ce qui règle par construction les questions de résidence des données et de transferts hors UE. Une offre Cloud existe en parallèle, avec possibilité de migration entre les deux.
- Mode de conformité pour bénéficier de l’exemption de consentement activable dans l'outil. Un réglage désactive les fonctionnalités incompatibles avec l'exemption (heatmaps, enregistrements de session, A/B testing, User ID, suivi e-commerce) et l'éditeur fournit un vérificateur de configuration. Matomo a publié en avril 2026 un tableau d'auto-évaluation reprenant point par point les critères de la CNIL de juillet 2025, ce qui en fait la documentation la plus à jour du panel sur ce sujet.
- Suivi du trafic IA. Matomo a été le premier éditeur majeur à intégrer des rapports dédiés aux assistants et chatbots IA, disponibles sans surcoût sur l'offre Cloud et en On-Premise.
- Absence d'échantillonnage et pas de plafond de conservation imposé par l'éditeur, la limite étant celle de l'infrastructure retenue.
- Accès direct à la donnée. En plus de l'API, l'installation On-Premise autorise un accès en lecture seule à la base MySQL, ce qui simplifie l'alimentation d'un data warehouse ou d'un outil de BI sans passer par un connecteur intermédiaire.
- Périmètre fonctionnel large pour un outil open source : tag manager intégré, suivi e-commerce, heatmaps et enregistrements de session en plugins premium, serveur MCP permettant d'interroger l'instance en langage naturel. À noter que l'activation du mode de conformité CNIL désactive une partie de ces fonctionnalités, ce qui impose de trancher entre exhaustivité de la collecte et profondeur d'analyse comportementale.
Pour qui : secteur public, universités, santé, organisations soumises à des contraintes de résidence des données, secteur des SI.
Amplitude

Note G2 : 4,5 /5
Caractéristiques clés
- Modèle événementiel comportemental. L'analyse porte sur des séquences d'actions plutôt que sur des pages vues, ce qui permet de construire des cohortes complexes (utilisateurs ayant réalisé telle action mais pas telle autre, sur tel support, sur une fenêtre donnée) difficiles à obtenir dans un outil de mesure d'audience.
- Profondeur sur la rétention et les parcours. Courbes de rétention par cohorte d'entrée, analyse de chemins, corrélation entre usages de fonctionnalités et rétention long terme constituent le cœur de la proposition.
- Plateforme élargie. Session replay, expérimentation web et produit, guides in-app, activation d'audiences vers les plateformes média et outils d'engagement cohabitent dans le même environnement, à partir d'une source d'événements unique.
- Mode datawarehouse-native, permettant d'analyser les données depuis Snowflake notamment sans dupliquer les jeux de données.
- Couche agentique. L'éditeur a introduit début 2026 un agent conversationnel et des intégrations MCP avec plusieurs outils du marché, pour détecter les anomalies.
- Offre gratuite jusqu'à 2 millions d'événements par mois, avec accès à l'ensemble de la plateforme selon l'éditeur.
- Consentement requis. L'analyse repose sur des profils utilisateurs, des cohortes individuelles et de l'activation d'audiences, ce qui place Amplitude hors du périmètre de l'exemption de consentement pour la mesure d'audience. À intégrer au plan de mesure : la volumétrie exploitable est directement indexée sur le taux d'opt-in du site ou de l'application.
Pour qui : éditeurs de SaaS, applications mobiles, plateformes e-commerce.
Piwik PRO

Note G2 : 4,5 /5
Caractéristiques clés
- Deux régimes possibles en l'absence de consentement. Le premier est un réglage conforme aux lignes directrices de la CNIL, à choisir dès la création du compte, qui permet soit de collecter sans afficher de formulaire de consentement, soit de recueillir le consentement et de se limiter aux données exemptées pour ceux qui refusent. Le second est la collecte anonyme en trois variantes selon le niveau de traçabilité conservé, avec bascule vers la mesure complète si le visiteur consent ensuite. Les contreparties documentées par l'éditeur : pas de distinction entre nouveaux et anciens visiteurs, géolocalisation limitée au pays, IP masquée.
- Choix de la localisation des données, entre cloud public et cloud privé, avec des régions européennes disponibles et une infrastructure certifiée ISO 27001 et SOC 2.
- Conformité sectorielle. L'offre couvre les exigences HIPAA avec accord de sous-traitance signé, ce qui reste rare parmi les plateformes analytics et explique sa présence chez des acteurs du secteur de la santé.
- Suite intégrée réunissant Analytics, Tag Manager, Consent Manager et Data Activation, sous un même contrat et un même accord de sous-traitance. Le guide de configuration de l'éditeur suppose l'usage de son propre Consent Manager, avec une CMP tierce comme Axeptio.
- Sortie de la donnée par API, exports JSON, CSV et XML, connecteur BigQuery, et serveur MCP publié par l'éditeur.
- Interface proche de celle de GA4, ce qui réduit le coût de formation lors d'une migration des équipes d’un outil à l’autre.
Pour qui : secteurs de la santé, banques et assurances, administrations et collectivités, groupes internationaux ayant des exigences de résidence par région.
Connecter la CMP à son outil analytics : le consentement comme indicateur de confiance en l’analyse data
La CMP produit le signal dont dépendent toutes les architectures décrites plus haut. La qualité de l'implémentation de la CMP et son intégration dans le parcours utilisateur conditionnent donc la fiabilité des chiffres.
Pour aller plus loin, les CMP comme Axeptio disposent aujourd’hui de connecteurs analytiques qui permettent d’envoyer les événements de consentement dans les solutions décrites plus haut, où ils se retrouvent aux côtés d'autres KPIs.
Le taux d'opt-in devient alors un indicateur de représentativité et donc intrinsèquement de confiance que l’on peut avoir dans l’analyse. Il dit quelle proportion de l'audience réelle alimente les rapport. Un même rapport de conversion construit sur 35 % ou sur 80 % du trafic ne permet pas de mettre en place un plan d’action avec la même certitude.

Une fois les données réunies, l'analyse peut aller plus loin : segmenter les sessions selon le choix exprimé (acceptation, refus, consentement partiel), comparer les comportements des segments opt-in et opt-out sur la durée de session ou le taux de conversion, ou repérer les rubriques et types de pages qui génèrent le plus d'acceptations. C'est le principe du dashboard commun Axeptio et Piano : l'activation du connecteur analytique d’Axeptio alimente dans Piano Analytics un template de neuf KPIs de consentement, exploitables par device, par version de CMP et par scénario d'affichage.
Choisir sa CMP revient donc à choisir un composant de sa stack de mesure, au même titre que sa solution analytics.
Axeptio est certifiée Gold au programme CMP Partner de Google pour le Consent Mode v2, compatible avec le standard IAB TCF v2.3 et avec le mécanisme équivalent de Microsoft (UET Consent Mode). Son annuaire d'intégrations recense les connexions disponibles avec toutes les plateformes du marché, dont plusieurs des solutions présentées ici.
Les signaux décrits plus haut se retrouvent aussi bien-sûr directement dans le back-office d’Axeptio, avec de nouveaux tableaux de bords analytiques disponibles, décryptés dans notre article dédié.