Le consentement en ligne traverse une année de recomposition. À Bruxelles, le Digital Omnibus a rouvert la question de son architecture, en cherchant une réponse à la fatigue du consentement, installée depuis des années en raison de la standardisation et de la répétition d’interfaces non pensées pour l’expérience utilisateur.
À Bonn, le Bundeskartellamt vient de refermer quatre années de procédure sur la manière dont Apple encadre le consentement publicitaire dans les applications mobiles. Ces deux dossiers décideront de qui, demain, tiendra la relation entre les organisations et leurs utilisateurs.
Alors que le dernier trimestre de 2026 arrive à grands pas, nous exposons la position que nous défendons dans ces deux dossiers et les ambitions qui en découlent pour Axeptio. L'occasion également de rassembler les travaux phares publiés depuis janvier (cas clients, évolutions produit et analyses réglementaires) qui composent la matière nécessaire pour comprendre ce qui se joue actuellement en Europe.

L'évolution naturelle de la CMP vers un marché BtoC
La Commission européenne souhaite faire de la fatigue du consentement un objet de réforme, et le Digital Omnibus propose d'y répondre par un signal unique, exprimé une fois pour toutes au niveau du navigateur. Nous avons détaillé en juin les raisons pour lesquelles cette réponse pose plus de problèmes qu'elle n'en résout : une préférence globale définie hors de tout contexte ne satisfait plus les exigences de spécificité du RGPD, l'European CMP Association anticipe une chute des taux de consentement pouvant atteindre 80%, et confier l'infrastructure du consentement à quatre éditeurs de navigateurs revient à concentrer le pouvoir là où le DMA cherche précisément à le limiter. Une autre voie que nous défendons repose sur l'interopérabilité : une API navigateur permettant aux CMP et à des assistants de consentement de dialoguer, pour que l'utilisateur cesse d'être exposé aux bannières sans renoncer à un choix contextualisé et granulaire.
Défendre cette voie engage notre secteur au-delà de son périmètre actuel. On peut voir les CMP comme une solution opportuniste, qui surfe sur une réglementation et délaisse la responsabilité dès qu'il y a un sursaut de l'utilisateur. Cette position ne peut plus durer. La CMP est le seul dispositif qui dispose d'un canal de communication direct avec l'utilisateur final, à l'échelle de centaines de milliers de sites et d'applications.
Deux évolutions rendent cette bascule nécessaire. La première tient aux usages agentiques : les internautes délèguent à des IA des tâches qu'ils accomplissaient eux-mêmes et leur dévoilent, au fil de conversations, des données personnelles qu'aucun formulaire n’aurait pu jusqu’ici collecter. La seconde tient à la multiplication des fuites de données et aux risques qui pèsent sur la cybersécurité. Dernière exemple en tête, le 14 août, la Direction générale des Finances publiques a annoncé que des accès illégitimes obtenus en juin et juillet avaient permis l'extraction de données concernant 678 000 particuliers et professionnels, dont le revenu fiscal de référence et le taux de prélèvement à la source. L'épisode ne relève pas de la gestion du consentement, mais il rappelle qu'aucune organisation, pas même l'administration fiscale, n'est aujourd'hui à l'abri.
C'est ce qui donne sa raison d'être à un assistant de consentement. Taste, l'extension que nous mettons gratuitement à disposition du grand public, dialogue avec les interfaces de consentement à la place de l'utilisateur, applique ses préférences site par site, conserve localement l'historique de ses choix et lui permet de revenir dessus quand il le décide. Accorder un consentement et le retirer relèvent de la mission des CMP, et un tiers de confiance a vocation à outiller ces deux décisions, sans partis pris.
“C'est l'évolution naturelle de la CMP que de devenir un outil BtoC, dans un monde de plus en plus agentique, soumis à de nouvelles données conversationnelles avec les IA et à de très nombreuses fuites.” - Romain Bessuges-Meusy, CEO et cofondateur d'Axeptio
Historiquement, Axeptio s'est construite autour de son produit, fonctionne aujourd'hui comme un service et vise une troisième phase, celle de l'assurance : une CMP qui s'engage davantage aux côtés de ses clients. L'ambition prend son sens au moment où une intelligence artificielle générative produit une interface de consentement en deux requêtes IA. Ce qu'elle ne produit pas, nous l'écrivions en mars, c'est la sécurité juridique, la maintenance du registre des partenaires (témoins), la veille sur les évolutions réglementaires mais aussi des standards comme le TCF et le Consent Mode de Google, la présence et l’influence dans les premières instances où se décident les standards, et l'accompagnement d'équipes d'experts pour construire une expérience immersive de marque via la CMP, dans laquelle nous avons intégré la vidéo il y a quelques mois.

Applications mobiles, ATT et parcours client : la décision allemande rebat les cartes
Le 17 août, le Bundeskartellamt (autorité fédérale allemande de la concurrence) a clos la procédure ouverte en 2022 contre l'App Tracking Transparency Framework d'Apple, en ajoutant quelques conditions aux engagements proposés par le géant du Web. L'autorité reprochait le déséquilibre entre le prompt qu'Apple applique à ses propres services et celui qu'il impose aux applications tierces : formulation, design et options de choix encourageaient l'acceptation d'un côté et la décourageaient de l'autre. Apple s'engage à aligner les deux, à retirer les éléments dissuasifs, et surtout à laisser aux éditeurs la possibilité de combiner sa demande avec celles requises par le droit des données. Quatre mois pour mettre en œuvre ces changements, testés avec les éditeurs d'applications avant déploiement.
Cette décision adresse un signal aux géants du numérique : concevoir eux-mêmes le recueil du consentement les expose à la sanction, quand le déléguer à des acteurs dont c'est le métier les en protège.
“Nous y voyons moins une victoire contre les géants du numérique qu'une invitation à travailler ensemble. Une CMP présente en effet une propriété que ne partage aucun acteur dont les revenus dépendent de la publicité : elle est rémunérée de la même manière que la réponse soit oui ou non. Cette neutralité économique est ce qui rend son conseil crédible, y compris lorsqu'il consiste à écarter une pratique trompeuse qui aurait fait gagner quelques points d'opt-in.” - Romain Bessuges-Meusy, CEO et cofondateur d'Axeptio
Le président du Bundeskartellamt, Andreas Mundt, l'a formulé dans les mêmes termes : l'objectif n'est pas d'obtenir les taux de consentement les plus élevés possible, mais que l'utilisateur puisse décider librement, dans un sens comme dans l'autre.
“Apple a pensé à tort qu'une solution ‘passe-partout' conviendrait aux entreprises. En réalité, elle les empêche de s'exprimer, alors que le design d'une interface de consentement a plus de conséquences sur l’utilisateur que le recueil lui-même.” Romain Bessuges-Meusy, CEO et cofondateur d'Axeptio
C'est le terrain sur lequel Axeptio prépare sa rentrée. Un dispositif dédié au parcours de consentement en application mobile, couvrant l'ensemble des sollicitations auxquelles un utilisateur fait face à l'ouverture, arrivera au second semestre. Les détails suivront dans les prochaines semaines.

Axeptio : les résultats d'un repositionnement engagé depuis plusieurs mois
Ces évolutions prolongent un semestre au cours duquel notre offre s'est élargie et où nous avons pris place dans les instances où s'écrit la réglementation européenne. Notre identité visuelle a suivi. La nouvelle direction artistique dévoilée en juin emprunte les codes de la scénographie : Axeptio s'efface pour laisser la marque occuper tout le devant de la scène, et de la CMP.
Acte I. Sur scène : ce que nos clients font du moment du consentement
TUI France a conçu le sien comme un message d'accueil, prolongement numérique de l'hospitalité de ses 1 200 agences, avant d'y intégrer une vidéo pour annoncer le lancement de son application mobile : 78 % de taux de consentement et plus de 10 000 téléchargements de l’application.
Le e-commerce applique la même logique à un calendrier plus traditionnel rythmé par les temps forts commerciaux (Soldes, Black Friday…). Le livre blanc coécrit avec l'Agence123 détaille six implémentations et les arbitrages qui mènent jusqu’à 85 % de consentement.
De l’autre côté de l’Atlantique, sur les 199 sites culturels administrés par Tuxedo (qui représente environ 40% du secteur de la billetterie de spectacle au Québec), les meilleures performances reviennent aux structures qui entretiennent une relation suivie avec leur public et dont la bannière est configurée avec soin et personnalisation. Le Théâtre du Bic atteint notamment 63,5 % d'opt-in, dans un secteur qui se situe habituellement quinze points en dessous de la moyenne tous secteurs confondus.
Mais la gestion du consentement ne se limite pas aux cookies. Chez Clementine.fr, où l'acceptation d'un document contractuel doit être prouvée avec la rigueur attendue dans l'expertise comptable, Terms trace l'accord donné aux avenants, aux CGU et aux CGV, et rend les équipes juridiques autonomes sur le cycle de vie de ces documents.
Acte II. En coulisses : les évolutions produit qui rendent ces résultats possibles
La mesure de ces résultats reposent sur des outils analytics qui ont beaucoup évolué ce semestre. Les nouveaux tableaux de bord analytics séparent désormais les lectures opt-in et opt-out, distinguent les refus exprimés dans la CMP des oppositions transmises par le Global Privacy Control, et s'appuient sur les Groupes Pays (Country Groups) et les Zones Cibles (Targeted Areas) pour comparer les performances d'un cadre réglementaire à l'autre, du Québec à la Californie.
Identifier un écart de performance n’indique pas encore quoi modifier dans votre bannière, ce à quoi répond la fonctionnalité de test A/B : en exposant simultanément deux versions d'une bannière à des audiences comparables, il isole l’impact d'un changement de design, de ton ou de mode d'affichage, là où la comparaison dans le temps mélangeait saisonnalité, campagnes en cours et variations de trafic.
Enfin, ces bons réflexes s'apprennent, et c'est la vocation d'Axeptio Academy, lancée en mai avec un parcours ouvert à tous, un parcours premium construit avec les agences clientes et un certificat à la clé.
Acte III. Nos prises de parole sur l'avenir du consentement
Le décryptage des trois architectures en compétition expose en détail ce que change un signal centralisé au niveau du navigateur, sur le plan juridique, économique et géopolitique, et ce que permet à l'inverse l'interopérabilité. Plusieurs concepts à maîtriser pour comprendre les décisions politiques et économiques qui se jouent à l’heure actuelle à la Commission européenne.
La présidence de l'European CMP Association, confiée à Axeptio en juin par Didomi, iubenda et Usercentrics, indique l’instance depuis laquelle cette position se défend auprès des institutions européennes.
Les prochains mois apporteront donc de nouvelles jurisprudences : Apple doit avoir revu ses écrans de consentement d'ici la fin de l'année, et les discussions européennes sur le Digital Omnibus se poursuivent. Pour ne rien manquer de ces échéances, notre infolettre reste le meilleur point d'entrée.